Anonymisation vidéo à la demande de l’autorité de contrôle : comment respecter une injonction de l’UODO dans le délai imparti

Łukasz Bonczol
Publié: 16/07/2026

TL;DR : Lorsque vous avez déjà reçu une injonction formelle du Président de l’UODO concernant des photos ou des vidéos, l’enjeu n’est plus de bâtir un long programme de conformité, mais d’exécuter rapidement et de manière démontrable la demande dans le délai fixé. Il vous faut un processus reproductible en 5 étapes : identification des contenus, priorisation selon leur exposition, anonymisation, documentation et confirmation auprès de l’autorité. Gallio PRO, logiciel on-premise, floute automatiquement les visages et les plaques d’immatriculation, tandis que les autres éléments peuvent être corrigés manuellement dans l’éditeur, localement et sans conservation de journaux inutiles.

L’anonymisation des données visuelles consiste à transformer une photo ou une vidéo de façon à empêcher la reconnaissance d’une personne ou l’identification d’un véhicule à partir d’identifiants visibles, principalement les visages et les plaques d’immatriculation. Dans une situation de crise, lorsqu’une organisation reçoit une injonction formelle, quatre questions comptent pour le DPO, le service juridique, les équipes communication et l’équipe technique : quels contenus doivent être anonymisés, comment établir les priorités, comment traiter les fichiers sans créer de risque supplémentaire et comment documenter que l’injonction a été exécutée avec sérieux. En urgence, ce qui compte, c’est un processus reproductible, pas de simples déclarations.

Image floue d'une personne en costume blanc lisant des documents à un bureau équipé de fournitures et d'un ordinateur portable, évoquant un environnement de bureau.

Que couvre généralement une injonction de l’UODO concernant des photos et des vidéos ?

Lorsqu’une injonction porte sur la publication de contenus visuels, les organisations doivent le plus souvent supprimer ou anonymiser les éléments permettant d’identifier une personne. Pour les vidéos et les photographies, la principale zone de risque est l’image du visage. À cela s’ajoute souvent la plaque d’immatriculation, notamment lorsque le contenu montre la circulation routière, un parking, une flotte de véhicules ou les abords d’un siège social.

Il est utile de distinguer dès le départ deux niveaux d’analyse. Le niveau juridique répond à la question de savoir si un élément donné doit être considéré comme une donnée personnelle ou comme un attribut de la personnalité. Le niveau opérationnel répond à la question de savoir ce qu’il faut concrètement flouter pour respecter l’injonction dans les délais. Dans un contexte de crise, ce deuxième niveau doit être aussi simple et documenté que possible.

L’obligation de flouter les visages ne découle pas automatiquement d’un seul texte, mais de l’évaluation de la licéité de la publication de l’image et du traitement des données dans un cas précis, notamment au regard du RGPD, du Code civil polonais et du droit d’auteur [1][3][4]. Le droit d’auteur prévoit des exceptions à l’exigence d’autorisation pour la diffusion de l’image, par exemple lorsqu’il s’agit d’une personne connue dans le cadre de l’exercice de fonctions publiques, lorsque la personne n’est qu’un détail d’un ensemble tel qu’un rassemblement, un paysage ou un événement public, ou encore lorsque la diffusion de l’image a été convenue contre rémunération. Ces exceptions ne doivent toutefois pas être utilisées automatiquement comme argument de défense lorsqu’une autorité a déjà émis une injonction. À ce stade, la pratique la plus sûre pour l’entreprise consiste à exécuter la demande dans le périmètre indiqué par la décision, tout en structurant en parallèle l’argumentation juridique en vue d’éventuelles démarches ultérieures.

Plan d’action après réception de l’injonction : 5 étapes pour tenir le délai

1. Identifier toutes les photos et vidéos concernées par la publication

La première étape consiste à déterminer l’ensemble du périmètre des contenus. Il faut inclure non seulement les fichiers source, mais aussi les versions publiées sur le site web, les réseaux sociaux, les supports presse, les pages d’atterrissage, les archives de campagnes et les ressources transmises à des sous-traitants. En pratique, c’est précisément la dispersion des publications qui constitue la cause la plus fréquente de dépassement des délais.

À ce stade, il n’est pas encore recommandé de lancer un traitement massif. Commencez par créer un registre simple : nom du fichier, lieu de publication, type de contenu, visages visibles, plaques visibles, autres éléments nécessitant un masquage manuel, statut d’exécution. Ce registre constitue une base de preuve en cas de contrôle ultérieur.

2. Prioriser selon le risque et l’exposition de la publication

La deuxième étape consiste à fixer les priorités. Les contenus encore accessibles publiquement et largement indexés doivent être traités en premier. Viennent ensuite les fichiers utilisés dans les campagnes payantes, l’espace presse, les réseaux sociaux et les supports des partenaires. Les archives à exposition limitée peuvent être traitées en dernier.

En pratique, il est utile d’adopter une règle simple : plus un contenu est facile à retrouver et plus le visage ou le numéro d’immatriculation est visible, plus sa priorité est élevée. Cette approche est souvent perçue comme une méthode raisonnable de gestion du risque, même lorsque l’exécution complète de l’injonction doit se faire par étapes.

3. Traiter les contenus : automatisation pour les visages et plaques, masquage manuel pour le reste

La troisième étape correspond à l’anonymisation des données visuelles proprement dite. En situation d’urgence, un logiciel on-premise est particulièrement adapté, car il permet de travailler localement sur les fichiers de l’organisation, sans disperser le processus entre plusieurs services. Gallio PRO est utilisé pour l’anonymisation de photos et de vidéos, avec un accent particulier sur le floutage des visages et des plaques d’immatriculation.

Une distinction très précise est ici nécessaire. La détection automatique de Gallio PRO couvre uniquement les visages et les plaques d’immatriculation. Gallio PRO ne floute pas les silhouettes entières et ne réalise ni anonymisation en temps réel ni anonymisation de flux vidéo. Il ne détecte pas non plus automatiquement les logos d’entreprise, tatouages, badges nominatifs, documents ou contenus affichés sur des écrans. Si l’injonction de l’autorité vise également ce type d’éléments, un masquage manuel dans l’éditeur est nécessaire.

C’est pourquoi, en situation de crise, il est préférable de diviser le travail en deux volets. Le premier couvre le floutage rapide des visages et des plaques d’immatriculation sur l’ensemble du corpus. Le second couvre le masquage manuel des éléments non standard que le système ne détecte pas automatiquement. Lorsque le volume de fichiers est important, le traitement par lots de plusieurs contenus et le contrôle qualité final sont particulièrement utiles : vous pouvez vérifier ce processus en téléchargeant la version de démonstration.

4. Documenter l’exécution de l’injonction

La quatrième étape est aussi importante que l’anonymisation elle-même. L’organisation doit pouvoir démontrer quels fichiers ont été analysés, quels éléments ont été floutés, qui a validé le résultat et à quelle date le contenu a été remplacé dans la publication. Il est utile de conserver un relevé « avant/après », avec un contrôle strict des accès et une limitation du nombre de personnes autorisées.

L’architecture de l’outil joue également un rôle important à ce stade. Du point de vue de la réduction des risques, l’absence de journaux inutiles contenant des données de détection constitue un argument solide. Gallio PRO ne collecte pas de journaux contenant la détection des visages et des plaques d’immatriculation, ni de journaux contenant des données personnelles ou des données relevant de catégories particulières. Cela peut avoir une importance pratique lorsqu’il s’agit d’évaluer si le processus d’exécution de l’injonction ne crée pas un nouveau jeu de données problématique.

5. Informer l’autorité et finaliser les publications

La cinquième étape consiste à confirmer formellement l’exécution de l’injonction. Le plus souvent, cela prend la forme d’un court courrier décrivant le périmètre des actions menées, la date de mise en œuvre des modifications, la liste des canaux de publication et l’indication éventuelle que certains contenus ont été temporairement retirés pour masquage complémentaire. Dans les échanges avec l’autorité, il vaut mieux éviter les généralités : il est préférable d’indiquer le nombre de fichiers, les emplacements de publication et la méthode d’anonymisation utilisée.

Si le dossier concerne une vaste bibliothèque multimédia, un déploiement local, des exigences de sécurité spécifiques ou la nécessité de reproduire le processus dans plusieurs entités de l’organisation, il est judicieux de contacter l’équipe pour discuter du modèle de déploiement et de l’organisation du travail.

Les mains d'une personne tiennent et écrivent sur des documents à un bureau où se trouvent un téléphone d'époque, un carnet, un encrier et un cendrier.

Tableau d’aide à la décision : que flouter en premier après l’injonction ?

Élément visible dans le contenu

Importance dans un scénario de crise

Action opérationnelle recommandée

 

Visage d’une personne

Priorité la plus élevée. Il identifie le plus souvent directement la personne.

Floutage des visages en premier lieu, puis contrôle qualité image par image.

Plaque d’immatriculation

Priorité élevée. Son statut de donnée personnelle dépend du contexte et de la possibilité d’identification, mais dans la pratique de publication, elle est souvent traitée avec prudence.

Floutage des plaques d’immatriculation comme mesure de précaution standard, surtout en cas de publication publique.

Logo d’entreprise sur un vêtement ou un véhicule

Peut augmenter l’identifiabilité, mais n’est généralement pas détecté automatiquement.

Évaluation au cas par cas et, si nécessaire, masquage manuel.

Tatouage, badge nominatif, document, écran d’ordinateur

Élément contextuel susceptible de permettre l’identification malgré le floutage du visage.

Masquage manuel dans l’éditeur si l’injonction couvre ce périmètre.

Silhouette entière

La silhouette entière ne fait pas partie du périmètre de floutage automatique dans Gallio PRO.

Évaluation au cas par cas, sans supposer une automatisation complète.

Visages et plaques d’immatriculation : où s’arrête l’automatisation et où commence la responsabilité de l’opérateur ?

En situation de crise, deux erreurs opposées sont faciles à commettre. La première consiste à croire qu’il suffit de lancer un outil pour que le sujet soit clos. La seconde consiste à supposer que chaque seconde de vidéo nécessite un traitement manuel. L’approche raisonnable se situe entre les deux : l’automatisation accélère le travail sur les identifiants visuels les plus fréquents, mais la responsabilité du périmètre de l’injonction reste celle de l’organisation.

C’est pourquoi un examen final est nécessaire après le traitement du contenu. Dans les vidéos dynamiques, en cas de faible luminosité, de visage partiellement masqué ou de plans pris à grande distance, l’efficacité opérationnelle dépend de la qualité du matériau. Toute affirmation relative à la rapidité ou à la précision doit être considérée comme dépendante du contexte si elle n’est pas étayée par des données mesurables pour le corpus concerné.

Un bureau encombré avec un calendrier, des lunettes, un stylo, une calculatrice, une tasse de café et des papiers éparpillés.

Comment aborder les plaques d’immatriculation lorsque le dossier concerne la Pologne ?

Les plaques d’immatriculation doivent être traitées avec prudence. Il n’existe pas de règle uniforme selon laquelle leur floutage serait toujours obligatoire dans toute l’Europe sur la seule base du droit de l’Union. En Pologne, la situation n’est pas non plus totalement univoque et dépend du contexte d’utilisation du contenu ainsi que de la possibilité réelle d’identifier une personne. Dans la pratique des autorités de protection des données et dans la jurisprudence européenne, une interprétation large des données personnelles est mise en avant [2][5], mais cela ne signifie pas automatiquement que chaque plaque d’immatriculation visible dans chaque contenu constitue toujours une donnée personnelle.

Après l’émission d’une injonction, un débat théorique aide rarement à respecter le délai. D’un point de vue opérationnel, il est plus sûr d’adopter une approche de précaution et de flouter les plaques si le contenu reste accessible au public ou doit être transmis à l’autorité comme preuve d’exécution de l’injonction.

Bureau avec des feuilles de calendrier 2024, des surligneurs, un stylo, des ciseaux et une agrafeuse sur une surface blanche.

Erreurs fréquentes lors de l’exécution d’une injonction de l’UODO portant sur des contenus visuels

La première erreur consiste à limiter les actions à un seul canal de publication. La deuxième consiste à anonymiser uniquement les visages alors que des plaques d’immatriculation sont visibles dans le contenu. La troisième est l’absence de contrôle manuel des éléments que le système ne détecte pas automatiquement. La quatrième est l’absence de registre des actions réalisées. La cinquième consiste à laisser circuler des versions de travail des fichiers sans règles d’accès claires.

En pratique, une réponse efficace n’a pas besoin d’être compliquée. Elle doit être complète, reproductible et démontrable. C’est précisément ce type de modèle d’action dont un DPO a besoin en situation d’urgence.

Un motif de points d'interrogation blancs sur une surface grise, régulièrement espacés en rangées diagonales.

FAQ : anonymisation vidéo à la demande d’une autorité de contrôle

Après une injonction de l’UODO, vaut-il mieux supprimer la vidéo ou l’anonymiser ?

Cela dépend du contenu de l’injonction et des possibilités techniques. Une pratique fréquente consiste à retirer temporairement le contenu de la publication, puis à le republier après anonymisation. Lorsque le délai est très court, cette approche réduit le risque immédiat.

Le floutage du visage suffit-il toujours ?

Pas toujours. Si le contenu comporte des plaques d’immatriculation ou d’autres éléments permettant d’identifier indirectement une personne, le seul floutage des visages peut être insuffisant. Le périmètre doit être évalué selon le contenu de l’injonction et le contexte de publication.

Gallio PRO détecte-t-il automatiquement toutes les données personnelles visibles dans une vidéo ?

Non. La détection automatique couvre uniquement les visages et les plaques d’immatriculation. Les logos, tatouages, badges nominatifs, documents et contenus affichés sur des écrans nécessitent une évaluation par l’opérateur et, si nécessaire, un masquage manuel dans l’éditeur.

Gallio PRO fonctionne-t-il en temps réel pour les diffusions en direct ?

Non. Gallio PRO ne réalise ni anonymisation en temps réel ni anonymisation de flux vidéo. Cet article concerne un scénario postérieur aux faits, dans lequel l’autorité a déjà émis une injonction portant sur des contenus existants.

Faut-il flouter les silhouettes entières des personnes ?

Il n’existe pas de présupposé technique général en ce sens. Gallio PRO ne floute pas les silhouettes entières, mais les visages et les plaques d’immatriculation. Si l’autorité a indiqué un périmètre plus large, une analyse individuelle et, le cas échéant, un masquage manuel d’autres éléments seront nécessaires.

Les journaux du processus d’anonymisation peuvent-ils créer un risque supplémentaire ?

Oui, s’ils contiennent des données de détection ou d’autres informations personnelles. Gallio PRO n’enregistre pas de journaux contenant la détection des visages et des plaques d’immatriculation, ni de données personnelles ou de données relevant de catégories particulières.

Comment démontrer à l’autorité que l’injonction a été exécutée dans les délais ?

Le plus souvent au moyen d’une documentation courte et précise : liste des fichiers traités, lieux de publication, date d’exécution, description de la méthode d’anonymisation utilisée et confirmation du remplacement des contenus dans les canaux publics. Plus la description est chiffrée et vérifiable, mieux c’est.

Ressources associées

Texte préparé par l’équipe Gallio PRO : spécialistes de la protection des données et de l’ingénierie vidéo, créateurs d’un logiciel d’anonymisation utilisé dans la sécurité, le secteur public et les médias. Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique.

Vous avez reçu une injonction et le délai est court ? Testez le processus d’anonymisation sur vos propres fichiers avec Gallio PRO.

Liste de références

  1. Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, dit RGPD.
  2. Comité européen de la protection des données, Guidelines 3/2019 on processing of personal data through video devices.
  3. Loi polonaise du 23 avril 1964 : Code civil.
  4. Loi polonaise du 4 février 1994 relative au droit d’auteur et aux droits voisins.
  5. Cour de justice de l’Union européenne, arrêt dans l’affaire C-212/13, František Ryneš contre Úřad pro ochranu osobních údajů.