Réglementations de la vidéosurveillance dans les principales lois mondiales sur la vie privée

Łukasz Bonczol
Publié: 22/11/2025
Mis à jour: 10/03/2026

La vidéosurveillance fait désormais partie du quotidien - des caméras installées dans les magasins et les centres commerciaux aux systèmes de contrôle d’accès, en passant par les dashcams et les réseaux urbains intelligents. Bien que la technologie soit largement similaire à travers le monde, les règles juridiques qui régissent la vidéosurveillance varient considérablement. Les grandes lois sur la protection des données, telles que le RGPD européen, le UK GDPR, le CCPA/CPRA en Californie, la LGPD au Brésil et la POPIA en Afrique du Sud, considèrent les images vidéo comme des données personnelles lorsque les individus sont identifiables [1][6][7][8]. Cette analyse explique comment ces cadres réglementaires encadrent la vidéosurveillance et quelles obligations s’imposent aux responsables du traitement. Ce texte est informatif et ne constitue pas un avis juridique.

Primer plano en blanco y negro de un smartphone que muestra el menú «Privacidad de datos» de LinkedIn con opciones como «Gestionar tus datos» e «Historial de búsqueda».

La vidéosurveillance comme traitement de données personnelles

Toutes les lois modernes sur la protection des données reposent sur la même idée : si une personne peut être identifiée à partir d’un enregistrement, celui-ci constitue des données personnelles.

Quand la vidéosurveillance devient-elle des données personnelles ?

Le RGPD définit les données personnelles comme toute information concernant une personne physique identifiée ou identifiable, ce qui inclut les images permettant d’identifier quelqu’un [1]. Le UK GDPR suit la même approche. Le régulateur britannique ICO indique que la plupart des images issues de caméras CCTV ou de caméras-piétons constituent des données personnelles lorsqu’une personne peut y être reconnue [2][3]. Des définitions similaires apparaissent dans la LGPD brésilienne et la POPIA sud-africaine [7][8].

Principaux cas d’usage de la vidéosurveillance réglementée

Les usages les plus courants incluent les caméras fixes dans les magasins et centres commerciaux, la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR/LPR), les interphones vidéo, les systèmes de contrôle d’accès, les caméras embarquées pour les agents de sécurité et les réseaux urbains intelligents. Même lorsqu’elle sert principalement à assurer la sécurité, la vidéosurveillance est considérée par les autorités comme un traitement de données nécessitant proportionnalité, transparence et gestion des droits des personnes.

Fotografía en blanco y negro de dos cámaras de vigilancia instaladas en un pilar de hormigón blanco.

RGPD et UK GDPR : des règles structurées pour la vidéosurveillance

Le RGPD et son équivalent britannique sont les cadres réglementaires les plus détaillés en matière de vidéosurveillance. Les autorités européennes publient des lignes directrices complètes sur le sujet.

Base juridique et intérêt légitime

Les responsables du traitement doivent déterminer une base légale, telle que l’intérêt légitime lié à la prévention des vols, la sécurité, le respect d’une obligation légale ou, plus rarement, le consentement [1]. Le consentement est rarement jugé valide pour une surveillance continue dans des lieux publics.

DPIA pour les activités à haut risque

L’article 35 du RGPD impose une analyse d’impact (DPIA) pour les traitements susceptibles d’entraîner un risque élevé, notamment la surveillance systématique de zones accessibles au public [1].

Transparence, signalisation et droits des personnes

L’ICO exige une signalisation claire, un avis de confidentialité accessible et des procédures pour traiter les demandes d’accès, d’opposition et d’effacement [2][3].

Tres cámaras de seguridad instaladas en una pared de hormigón liso, captando diferentes ángulos, mostradas en una imagen en blanco y negro.

CCPA/CPRA : la vidéosurveillance comme « personal information »

Le CCPA et le CPRA régulent les vidéos lorsqu’elles peuvent être associées à un consommateur ou à un foyer [4][5].

Données personnelles et inférences tirées des vidéos

Le CCPA définit largement les données personnelles, y compris les images montrant des visages, silhouettes ou plaques d’immatriculation [4]. Le CPRA accorde une attention particulière aux « informations personnelles sensibles », telles que la géolocalisation ou les identifiants biométriques [5].

Obligations d’information et partage des données vidéo

Les entreprises doivent divulguer les catégories de données collectées et les finalités, y compris la vidéosurveillance. Lorsque des enregistrements sont partagés avec des prestataires, cela doit être documenté [4][5].

Droits des consommateurs applicables à la vidéo

Les consommateurs disposent de droits d’accès et de suppression. Pour les enregistrements, il est souvent nécessaire de flouter les tiers avant divulgation [4][5].

Dos cámaras de seguridad, una tipo bala y otra tipo domo, instaladas en una pared exterior texturizada junto a una tubería vertical; plantas borrosas en primer plano.

LGPD et POPIA : des cadres complets au Brésil et en Afrique du Sud

La LGPD brésilienne et la POPIA sud-africaine étendent l’approche de type RGPD à deux grandes juridictions.

LGPD : bases légales et rapports d’impact

La LGPD s’applique à tout traitement de données au Brésil ou concernant des personnes situées au Brésil [7]. Des rapports d’impact similaires à une DPIA peuvent être exigés pour les systèmes de vidéosurveillance étendus.

POPIA : conditions de traitement et sécurité

Les images CCTV sont soumises aux « conditions for lawful processing » de la POPIA, notamment la spécification des finalités, la transparence, la sécurité et la participation des personnes concernées [8][9].

Application et tendances

Les régulateurs adoptent de plus en plus des stratégies d’application inspirées du RGPD [7][8][9].

Fotografía en blanco y negro de una cámara de vigilancia montada en la pared y un intercomunicador debajo de unas plantas colgantes junto a una ventana.

Points communs et différences entre les cadres

Malgré des approches variées, les réglementations mondiales présentent de nombreuses convergences lorsqu’il s’agit de vidéosurveillance.

Bases légales, nécessité et proportionnalité

Toutes les lois exigent une justification claire des finalités et de la nécessité [1][7][8]. Le CCPA/CPRA met l’accent sur la transparence et non sur des bases légales strictes [4][5].

Droits d’accès aux enregistrements vidéo

Les droits d’accès existent dans le RGPD, la LGPD et la POPIA, et de manière fonctionnelle dans le CCPA/CPRA. Ils nécessitent souvent de flouter les tiers [1][4][7][8].

Surveillance des employés

Le RGPD et la LGPD jugent le consentement des employés rarement valable, POPIA exige proportionnalité et équité [1][7][8]. En Californie, le CPRA étend les droits des employés [5].

Fotografía en blanco y negro de la esquina de un edificio con varias cámaras de seguridad y cables conectados a la pared.

Défis opérationnels et bonnes pratiques

La mise en œuvre pratique est souvent plus difficile que l’interprétation des textes.

Cartographie des systèmes et durées de conservation

Les autorités exigent un inventaire complet des caméras, des finalités, des délais de conservation et des accès [1][7][8].

Floutage et anonymisation

Les autorités telles que l’ICO et l’EDPB exigent le masquage des tiers [2][3]. Les organisations utilisent souvent des outils comme Gallio PRO, qui automatisent le floutage des visages, plaques et objets sensibles.

Gouvernance, documentation et audits

Les régulateurs exigent des politiques formalisées, des journaux d’accès, des DPIA ou rapports d’impact et des audits réguliers [1][2][7][8].

Una cámara de seguridad blanca montada en una pared rayada y texturizada, que proyecta una sombra.

FAQ - vidéosurveillance et grandes lois sur la vie privée

Tous les systèmes CCTV sont-ils soumis aux lois sur la protection des données ?

Dans la plupart des cas oui, si les personnes sont identifiables.

Le consentement est-il obligatoire ?

Généralement non - l’intérêt légitime est plus courant.

Quelle est la durée maximale de conservation des vidéos ?

Il n’existe pas de norme mondiale ; la conservation doit être justifiée.

Les personnes peuvent-elles demander une copie des vidéos ?

Oui, généralement sous réserve de floutage des tiers.

Les analyses vidéo basées sur l’IA sont-elles plus strictement encadrées ?

Oui, en particulier la reconnaissance faciale et l’analyse émotionnelle.

Imagen en blanco y negro de un bosque con un gran signo de interrogación pintado en el tronco de un árbol en primer plano.

Liste de références

  1. [1] RGPD - Règlement (UE) 2016/679. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2016/679/oj
  2. [2] UK ICO - CCTV and video surveillance guidance. https://ico.org.uk/for-organisations/uk-gdpr-guidance-and-resources/cctv-and-video-surveillance/
  3. [3] UK ICO - Guidance on video surveillance. https://ico.org.uk/for-organisations/uk-gdpr-guidance-and-resources/cctv-and-video-surveillance/guidance-on-video-surveillance-including-cctv/
  4. [4] California Attorney General - CCPA overview. https://oag.ca.gov/privacy/ccpa
  5. [5] IAPP - CCPA & CPRA resources. https://iapp.org/resources/topics/ccpa-and-cpra/
  6. [6] GDPR.eu - Aperçu général. https://gdpr.eu/
  7. [7] LGPD - Traduction anglaise. https://iapp.org/resources/article/brazilian-data-protection-law-lgpd-english-translation/
  8. [8] POPIA - Texte officiel. https://www.gov.za/documents/protection-personal-information-act
  9. [9] DLA Piper - POPIA overview. https://www.dlapiperdataprotection.com/index.html?c=ZA&t=law