FOIA : flouter les visages et les plaques d’immatriculation - Que faut-il caviarder dans les vidéos de bodycam et de dashcam avant diffusion ?

Łukasz Bonczol
Publié: 15/02/2026

Le caviardage visuel (souvent appelé « anonymisation vidéo » par les équipes opérationnelles) consiste à masquer les éléments visuels identifiants dans des images ou des vidéos afin que des personnes - et, dans certains cas, des véhicules - ne puissent pas être facilement identifiés lors d’une diffusion publique. Dans le cadre des demandes FOIA aux États-Unis et des procédures d’accès aux documents publics au niveau des États, cela signifie généralement flouter les visages et les plaques d’immatriculation sur des fichiers vidéo hors ligne afin de produire une version diffusable - et non effectuer un caviardage en temps réel sur un flux vidéo en direct.

Person typing on a laptop with "Apply Now" on the screen, surrounded by papers labeled "New Vacancy."

Pourquoi le caviardage visuel est essentiel pour les publications FOIA et les demandes d’accès aux documents publics aux États-Unis

Les enregistrements issus de caméras-piétons (bodycams) et de caméras embarquées (dashcams) capturent fréquemment des données permettant d’identifier des personnes : visages de passants, victimes, mineurs, témoins, suspects et parfois agents ; plaques d’immatriculation lisibles ; ainsi que des identifiants incidentels tels que cartes d’identité, documents administratifs ou écrans d’appareils. Dans la pratique FOIA américaine, les autorités effectuent une analyse de communicabilité, puis protègent la vie privée lorsque cela est requis - notamment via les exemptions relatives à la protection de la vie privée (en particulier les exemptions 6 et 7(C) au niveau fédéral), ainsi que des dispositions équivalentes dans les lois des États.

Concrètement, cette analyse juridique se traduit par une exigence opérationnelle : créer une version de la vidéo pouvant être publiée sans identifier inutilement des personnes dont l’identité n’est pas indispensable à l’intérêt public servi par la divulgation.

Publier des images non caviardées peut entraîner des risques juridiques évitables, accroître le risque de préjudice pour les personnes filmées et nuire à la confiance du public. Un processus de caviardage structuré, documenté et auditable permet aux responsables FOIA, services d’archives et équipes conformité de travailler plus efficacement tout en réduisant le risque de ré-identification.

Black and white image of the U.S. Capitol dome with multiple American flags waving in the foreground under a cloudy sky.

Que faut-il caviarder dans les vidéos de bodycam et dashcam ? (référence pratique)

Dans la plupart des diffusions publiques liées à la FOIA aux États-Unis, le floutage des visages et des plaques d’immatriculation constitue la base :

  • Visages (passants, victimes, témoins, suspects et parfois agents selon la politique interne et le contexte)
  • Plaques d’immatriculation (lorsque l’identification précise du véhicule n’est pas nécessaire à la compréhension des faits)

Important : les visages et plaques ne constituent qu’un point de départ. De nombreuses vidéos contiennent d’autres éléments identifiants qui ne sont pas détectés de manière fiable automatiquement. Ceux-ci nécessitent souvent un caviardage manuel : documents visibles à l’écran, écrans d’ordinateur ou de téléphone, badges et plaques nominatives, documents médicaux ou scolaires, tatouages distinctifs ou cicatrices, etc. Dans la pratique FOIA, un workflow hybride est la norme : automatisation pour les visages et plaques, suivie d’une révision et d’un masquage manuel pour tout autre élément pouvant permettre l’identification dans son contexte.

Person filling out a form with a pen, focusing on the signature section. The form is placed on a light-colored table.

Floutage des visages dans les publications publiques américaines : nécessité, vie privée et contexte

Les régimes FOIA et d’accès aux documents publics ne reposent pas sur une règle unique applicable à tous les cas. Les autorités évaluent les intérêts en matière de vie privée au regard de l’objectif de la divulgation et appliquent les exemptions pertinentes ainsi que la jurisprudence. Sur le plan opérationnel, de nombreuses équipes adoptent une règle défendable : si l’identité d’une personne n’est pas nécessaire à la compréhension publique de l’événement, le visage est flouté avant diffusion.

Les situations où un visage peut rester visible sont généralement contextuelles :

  • Nécessité d’intérêt public clairement établie, lorsque l’identification est essentielle au récit communiqué conformément à la politique interne.
  • Divulgation autorisée ou requise à un destinataire spécifique habilité à recevoir une version non caviardée.
  • Autorisation formellement documentée permettant la publication d’une image identifiable.

Les catégories les plus sensibles sont souvent les mineurs, victimes, témoins et passants non impliqués, traitées avec une prudence accrue. L’essentiel reste d’établir une politique claire, de l’appliquer de manière cohérente et de documenter toute exception.

Person filling out a form with a pen, focusing on the signature section. The form is placed on a light-colored table.

Floutage des plaques d’immatriculation : quand et pourquoi est-ce recommandé ?

Aux États-Unis, la pratique varie selon les juridictions et les politiques internes. De nombreuses agences considèrent le floutage des plaques comme une mesure de réduction des risques, car une plaque peut permettre d’identifier un propriétaire ou un conducteur, surtout combinée à des éléments contextuels (lieu, date, caractéristiques du véhicule).

  • Diffusion publique : floutage par défaut, sauf nécessité démontrée pour l’intérêt public.
  • Partage restreint : communication selon les procédures et autorisations applicables, avec éventuellement moins de caviardage.

Il ne s’agit pas d’affirmer que les plaques sont toujours des données personnelles ou doivent toujours être floutées, mais de reconnaître leur potentiel d’identification dans des conditions réelles.

Deux personnes collaborant à un bureau, discutant de documents et d'un smartphone. La scène transmet le travail d'équipe et la planification. Image en noir et blanc.

Logiciel on-premise et workflow hors ligne : fonctionnement réel des équipes FOIA

Dans la pratique, le caviardage vidéo FOIA est effectué hors ligne sur des fichiers stockés. Cela correspond au processus classique : importation, caviardage, contrôle qualité, export d’une version dérivée et documentation des actions réalisées. Le caviardage en temps réel ou l’anonymisation de flux vidéo n’est pas requis dans les workflows FOIA.

De nombreuses agences privilégient des solutions on-premise pour conserver le contrôle local des preuves numériques. Dans ce modèle, Gallio PRO permet un workflow hybride : floutage automatique des visages et des plaques d’immatriculation combiné à un éditeur manuel pour les autres éléments. En matière de conformité FOIA, le principe est clair : l’automatisation accélère le traitement de base, mais la validation humaine finalise le processus.

Gallio PRO est conçu pour le caviardage de fichiers vidéo hors ligne. Il ne réalise pas d’anonymisation en temps réel ni de traitement de flux en direct.

Une personne en costume écrit sur un carnet à un bureau avec un marteau et des balances de la justice à proximité ; une fenêtre lumineuse se trouve en arrière-plan.

Ce que couvre l’automatisation - et ses limites

Automatisation : uniquement les visages et les plaques d’immatriculation.

Éléments nécessitant un traitement manuel :

  • documents imprimés (rapports, formulaires, pièces d’identité)
  • écrans d’ordinateur, MDT, téléphones ou tablettes
  • badges, écussons et identifiants d’uniforme
  • numéros de maison ou éléments géolocalisables
  • tatouages, cicatrices ou marques distinctives
  • logos ou signalétiques créant un contexte sensible

L’approche recommandée : automatiser le socle (visages/plaques), puis compléter manuellement. Dans des environnements sensibles, il est également pertinent d’utiliser un outil conçu pour ne pas conserver de journaux contenant des données personnelles détectées.

Personne lisant un livre à un bureau avec des documents juridiques, un marteau de juge, des balances et une plante en pot à proximité.

Un workflow FOIA évolutif et hybride

  1. Import sécurisé. Travail exclusivement sur des fichiers hors ligne, en conservant l’original comme référence.
  2. Automatisation initiale. Lancer le floutage automatique des visages et plaques.
  3. Passage manuel. Masquer les autres identifiants contextuels.
  4. Contrôle qualité. Vérification image par image des segments à risque (faible luminosité, mouvement rapide, reflets).
  5. Export et documentation. Générer la version caviardée et documenter les critères appliqués.

Pour tester concrètement un workflow hors ligne, vous pouvez télécharger la version démo et l’évaluer sur des extraits représentatifs. Pour des informations techniques ou de déploiement, contactez notre équipe.

Deux personnes en discussion à un bureau avec des documents, un marteau et un stylo. Une personne fait un geste tandis que l'autre écrit. Image en noir et blanc.

Performances, précision et limites

La précision dépend de la qualité d’enregistrement, de l’éclairage, des angles de caméra et du mouvement. Le temps de traitement varie selon la résolution et la durée des séquences. Prévoyez systématiquement un contrôle qualité et une revue manuelle des éléments non couverts par l’automatisation.

Point d'interrogation métallique 3D sur un fond gris minimaliste, projetant une ombre subtile sur la surface.

FAQ - FOIA : floutage des visages et plaques d’immatriculation

Faut-il toujours flouter les visages ?

Non. La décision dépend du contexte, des exemptions applicables et de l’intérêt public. Beaucoup d’organismes appliquent toutefois un floutage par défaut en diffusion publique.

Les plaques d’immatriculation doivent-elles toujours être floutées ?

Non. Les pratiques varient selon la juridiction et la politique interne, mais le floutage est souvent retenu comme mesure préventive.

Le logiciel peut-il flouter des corps entiers ?

Non. L’automatisation cible uniquement les visages et les plaques.

Gallio PRO fonctionne-t-il en temps réel ?

Non. Le traitement est effectué exclusivement sur des fichiers vidéo stockés hors ligne.

Qu’en est-il des documents, écrans ou tatouages ?

Ils nécessitent un caviardage manuel dans le cadre du workflow hybride.

Le logiciel conserve-t-il des journaux de détection ?

Il est conçu pour ne pas stocker de journaux contenant des données personnelles ou sensibles.

Ce workflow est-il applicable en dehors du contexte policier ?

Oui. Il convient à toute publication vidéo publique nécessitant la réduction du risque d’identification.

Liste de références

  1. U.S. Department of Justice, Office of Information Policy, Guide to the Freedom of Information Act (Exemptions). https://www.justice.gov/oip/doj-guide-freedom-information-act-0
  2. 5 U.S.C. § 552 (Freedom of Information Act). https://uscode.house.gov/view.xhtml?path=/prelim@title5/part1/chapter5/subchapter2&edition=prelim
  3. National Institute of Standards and Technology (NIST), NISTIR 8053, De-Identification of Personal Information. https://doi.org/10.6028/NIST.IR.8053